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Mon avis sur l'argent

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Il va de soi que la monnaie est une invention formidable, cela permet à une civilisation de fonctionner à grande échelle. Mais je pense que nous arrivons à un point où les inconvénients de ce système sont en train de dépasser les bénéfices pour lesquels il a été mise en place initialement.

Pour être clair, la finalité de cet article n’est pas de dire que cet outil doit être mis à la poubelle, car je n’ai aucune autre solution en tête qui pourrait le remplacer.

Je souhaite simplement partager mon avis sur la question. Je pense qu’on en fait une mauvaise utilisation, et je suis inquiet pour l’avenir si rien ne change.

L’argent aujourd’hui

L’argent, c’est quelque chose que l’on manipule quotidiennement. Moi-même, j’ai toujours quelques pièces de monnaie dans la poche droite de mon pantalon, pour me procurer mes cafés sur mon lieu de travail. J’insère 20 centimes dans le distributeur automatique, et je repars avec ma dose de caféine.

Je donne de l’argent, et en retour on me procure ce que je désire. Cela fonctionne pour un café, une baguette de pain, une voiture, une maison, un voyage, un service. Cela fonctionne pour presque tout.

Il n’a jamais été aussi facile de satisfaire vos besoins, désirs et envies. Tout ce que vous avez à faire, c’est vous focaliser sur comment obtenir de l’argent. Car si vous possédez cette chose, c’est comme si vous possédiez tout. Ou presque, tout ne s’achète pas, mais vous avez compris l’idée.

Il n’en a pas été toujours ainsi.

Avant l’argent

Nos ancêtres préhistoriques devaient parfois risquer leur vie afin de se procurer de la nourriture. La majorité de leur quotidien était consacrée à chercher tous ces trucs essentiels à leur survie.

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Je ne suis pas un spécialiste de la préhistoire, mais j’imagine que lorsque les tributs étaient à l’échelle d’une famille, la liste des choses à faire était groupée. Chacun(e) prenait en charge quelques points de cette liste, et profitait de tous les autres. Certains s’occupaient de cueillir des fruits, d’autres chassaient, d’autres pêchaient, d’autres fabriquait des vêtements, d’autres s’occupaient des bébés et des jeunes enfants, etc.

Cela a du évoluer lorsque les tributs ont grandis et ont accueillis un grand nombre de familles. S’organiser et répartir les rôles en petit comité, c’est possible. En grand comité, c’est plus compliqué. Et puis la confiance accordée aux membres de sa famille n’est forcément pas la même pour les autres. Comment s’assurer que tout le monde fournis la même énergie ? Le même niveau d’utilité ? Comment s’assurer que tout le monde est honnête ? Que personne ne profite de l’effet de masse pour se reposer sur ses lauriers tout en profitant de ce que produit la communauté ?

Le premier ancêtre de l’argent

Le troc est ensuite apparu.

« Je possède dix poissons, tu possèdes dix litres d’eau potable. Je te donne deux poissons et tu me donnes deux litres OK ? »

J’imagine que c’est ce à quoi devaient ressembler les premiers échanges commerciaux. A l’époque il ne devait pas y avoir de langage et de notion de nombre aussi élaborés, mais l’idée devait s’y apparenter.

Pour acquérir quelque chose, il fallait déjà posséder quelque chose d’envié par les autres. L’apparition du troc a dû amplifier la notion de spécialisation, de métier. Certain(e)s étaient doué(e) ou avait pris l’habitude de débusquer l’eau potable, pour d’autre c’était la pêche, etc.

Mais comment faire si vous pêchez, et qu’un jour en particulier personne ne veut de vos poissons ? Vous avez besoin d’eau, vos poissons sont votre unique possession, mais ils n’intéressent personne aujourd’hui.

C’est la limite du troc. Chaque objet possède sa valeur singulière, qui dépend des circonstances et qui de surcroit reste très subjective. Qu’est-ce qui vous dit que deux poissons valent deux litres d’eau potable ? Certains seront d’accord avec ce deal, et d’autres non.

L’apparition des proto-monnaies

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De fil en aiguille, des formes de monnaies primitives sont apparues. Des choses qui avaient une valeur stable et reconnue par l’ensemble d’une communauté. Le sel par exemple était utilisé pour payer les légionnaires romains, et pour votre culture c’est de là que vient le mot « salaire ».

Le sel, la pierre, le bétail, et les céréales (entre autre), ont fini par posséder une sorte de valeur universelle. Elles sont devenues des produits privilégiés pour réaliser les opérations de troc.

« Un litre d’eau potable vaut 100g de sel, voici donc 300g de sel en échange de trois litres ».

Ces proto-monnaies permettaient surement aussi de donner une base commune, afin de réaliser des opérations de « troc amélioré ».

« Un poisson vaut 200g de sel, un litre d’eau potable vaut 100g de sel. Je te donne deux poissons en échange de quatre litres, OK ? ».

L’apparition de la monnaie unique

L’étape d’après, ce fût la mise en place d’une monnaie unique. Quelque chose qui est accepté pour toutes les opérations marchandes. Quelque chose qui est également facilement transportable. Imaginez-vous partir faire vos courses avec votre sac de 10kg de sel sur l’épaule. Pas très pratique, n’est-ce-pas ? Même si c’est toujours mieux qu’une vache ou 1 tonne de pierres.

Je ne vais pas développer davantage, car mon but ici n’est pas de vous faire un cours sur l’histoire de l’argent, surtout que mes connaissances sur ce sujet sont assez limitées et se bornent plus ou moins à ce que je viens de partager avec vous.

Voici ou je veux en venir dans cet article.

Retour à la case départ ?

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Souvenez-vous de comment cela fonctionnait au tout début, avant que le troc fasse son apparition. Chacun(e) des membres de la tribut devait contribuer, pour que globalement tous les besoins de la communauté soient remplis.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Certes il y a un grand nombre de métiers indispensables au bon fonctionnement du monde. Comme les agriculteurs ou les médecins, pour ne citer qu’eux. Il y en a des centaines voire des milliers d’autres tout aussi indispensables pour le maintien et l’évolution de la vie.

Mais à côté de ça, c’est un peu pareil qu’à l’époque où certains pouvaient profiter de l’effet de masse pour se la couler douce tout en bénéficiant des productions de la tribu. Aujourd’hui il y en a qui possèdent suffisamment d’argent pour se la coller douce et qui, mise à part dépenser leurs sous pour satisfaire leurs besoins et envies (qui font tourner l’économie), ne contribuent en rien au bien de la société.

Les bons chiffres du Loto, un héritage généreux ou un parachute doré. Un sourire de la providence comme ceux-ci et vous êtes tranquille jusqu’à la fin de vos jours. Deux ou trois millions sur votre compte en banque, et vous n’avez plus besoin de contribuer activement à la société pour satisfaire vos besoins et vos envies.

A côté de ça, il y a des métiers profondément inutiles, voir contre-productifs, qui sont apparus. Savez-vous que des personnes du tiers monde sont payées pour cliquer sur des liens, visionner des vidéos, s’abonner ou donner des « j’aime » ? Evidemment, ces personnes ne sont pas intéressées par le contenu qu’ils ouvrent, ils ne font qu’accomplir les actions demandées. Normalement, ce genre d’action réalisée par les internautes permet de distinguer, dans toute cette masse d’informations qui circule sur le web, celles qui semblent être les plus pertinentes. Or, si ce genre de preuve sociale est créé par ces « cliqueurs professionnels », elle ne fait plus aucun sens.

Pire que la case départ ?

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Il y a même des vices, des « bugs » qui sont apparus, qui nous font même régresser par rapport à la case départ. Il s’agit des actions malfaitrices. Des voleurs qui pillent les banques ou qui cambriolent les honnêtes gens. Des pirates informatiques, des escrocs.

Ce genre d’activité malhonnête et contre-productive pour la société devait exister à l’époque préhistorique, mais je suis prêt à parier qu’elles étaient infiniment moins rependues. J’imagine que l’espérance de vie de ce genre d’élément parasite ne devait pas voler bien haut, car les autres membres de la tribut ne devaient pas avoir d’état d’âme à éliminer ou bannir celles et ceux qui mettaient en péril de cette manière le fonctionnement du système qui leur permettait de survivre.

Pire que la case départ ? bis

L’argent est devenu une fin en soi. Un grand nombre de décisions importantes privilégient le gain économique plutôt que le bien du monde.

Prenez l’exemple de l’écologie. Un septième continent constitué de plastique flotte quelque part dans l’océan Pacifique. Au lieu de dépenser de l’argent pour réfléchir à comment traiter ce genre de déchet et mettre en place des actions intelligentes, depuis des années certains décideurs ont décidé la gratuité : « balancez-moi ça à l’eau ». Ces décideurs ont décidé de blesser la Nature plutôt que leur compte en banque.

Cette décharge ambulante est en train d’exterminer la flore maritime. La plupart des grands décideurs et des grands fortunés en sont conscients, mais combien sont prêts à dépenser de l’argent pour atténuer cette catastrophe ? Pourtant la plupart investiraient volontiers dans des entreprises inutiles, comme celles qui vendent des clics et des « j’aime » sur Internet, s’ils étaient assurés d’avoir un retour sur investissement juteux.

Pire que la case départ ? bis bis

Mon avis c’est que l’argent a perdu son but initial, qui était de faciliter le développement d’une civilisation. Au contraire, je dirais que bien souvent il fait office de frein.

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L’argent est devenu le principal potentiel d’action. Pour passer vos journées à faire quelque chose, il vous faut une rémunération en retour, afin de subvenir à vos besoins et à ceux de votre famille.

Le nombre de travailleurs qui ne trouvent plus de sens dans leur activité augmente continuellement. Cela s’appelle le " brown-out ". Pourtant, beaucoup continuent à faire ce qu’ils font, car ils n’ont pas trouvé d’autres opportunités. Ils sont de moins en moins motivés, et de moins en moins efficaces.

Pour ma part, la finalité de mon travail d’ingénieur est de faire gagner plus d’argent à la société pour laquelle je travaille. Personnellement, si on me proposait un salaire pour contribuer à faire disparaitre ce 7e continent de déchet plastique, j’accepterais sans hésiter.

Vous voulez sauver le monde ? Dommage, vous n’avez pas suffisamment d’argent…

Pire que la case départ ? bis bis bis

L’argent est devenu une fin en soi, alors qu’il n’est qu’un moyen. J’ai l’impression que la plupart de ceux qui possèdent beaucoup d’argent ne rêvent que d’une seule chose : en obtenir davantage.

Je ne sais pas comment la plupart de ces personnes fortunées réagiraient si on leur disait que le seul moyen d’empêcher l’extinction de la vie sur Terre était de sacrifier leur fortune. Choisiraient-ils la vie ? Ou bien leur fortune ?

Si j’étais moi-même fortuné, ma réponse serait évidente. Choisir entre la vie et quelque chose de fictif, qui d’ailleurs n’aurait plus aucune valeur si la vie disparaissait - mon choix serait vite fait.

Ce qui me fait peur, c’est que je ne suis pas certain que ce soit le cas pour la plupart de ces personnes fortunées. Je ne suis pas certain qu’ils feraient le choix de la vie.

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Le mot de la fin

Vous l’aurez compris, mon avis sur l’argent est plutôt mitigé. D’un côté je trouve que c’est une formidable invention, et d’un autre je trouve qu’elle n’est pas correctement utilisée, voir qu’elle crée plus de désastre que de bienfaits.

J’ai écrit cet article parce que je suis inquiet. J’ai envie que ma fille, ses enfants et les enfants de ses enfants puissent vivre, et si possible dans un environnement saint. Mais actuellement je suis loin d’être convaincu que ce désir puisse être une réalité.

En fait pour tout vous dire, je me sens impuissant. Les problèmes du monde s’accumulent et je n’ai pas le pouvoir de faire avancer rapidement les choses. Il y a pourtant des personnes qui ont ce pouvoir.

J’ai l’impression que la plupart de ces personnes comptent simplement profiter de leur vie confortable, et se disent que leur fortune pourra mettre à l’abri leur descendance.

Heureusement, il y en a qui utilisent leur fortune à bon escient. J’ai beaucoup d’admiration pour Elon musk, cet Américain Milliardaire qui tente de mettre en place des transports propres et de pousser en direction de l’exploration spatiale.

Si vous connaissez un milliardaire égoïste, faites lui passer le message SVP. Dites-lui qu’il n’est pas trop tard, qu’il peut encore devenir un héros. La planète vous remercie.

Et si un jour vous devenez vous-même milliardaire, et bien j’espère que vous vous rappellerez de cet article.


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